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mercredi, octobre 27, 2021
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A la découverte des trésors de l’EST

Redynamiser le tourisme ivoirien, telle est l’idée qui a abouti à l’élaboration du projet ‘’Sublime Côte d’Ivoire’’. En prélude aux festivités de la Journée mondiale du tourisme, le Ministère du Tourisme et des Loisirs a initié une quinzaine touristique. Celle-ci a permis une immersion dans le pays profond afin de dénicher les attraits touristiques qui s’y trouvent. Six circuits touristiques ont pour ce faire été explorés.

D’Adzopé à Bondoukou, que de belles découvertes ! Une belle escapade touristique sous le thème ‘’Merveilles et traditions sur la route des rois’’. Bien de trésors cachés en ont été sortis. Des monts Mafa en passant par les komians d’Aniassué pour atteindre le village de soko réputé pour ses singes sacrés de soko… L’Est du pays à n’en point douter est un vivier du tourisme qui mérite d’être promu pour le grand bonheur de l’industrie touristique.

Les Monts Mafa

Dans la région de l’Agneby, c’est un secret de polichinelle. Les monts Mafa exaucent les vœux. Certains villageois en veulent pour preuve, le succès de l’artiste Meiway qui y a réalisé son clip ‘’ les génies vous parlent’’. Situés dans le village de Bécédi Brignan, ces deux monts dont on dit être un couple mâle et femelle ne sont plus à présenter. Culminant à environ 600 mètres, les Monts Mafa constituent une richesse. Ils revêtent à la fois un aspect touristique et spirituel.

Ce lieu, se veut sacré. Son accession est soumise à des règles. D’ailleurs une pancarte érigée à l’entrée énumère des interdits. Il ne faut pas porter un vêtement de couleur rouge. La montée est également interdite aux femmes ayant leurs menstrues… Ces conditions satisfaites, le gardien du temple entre en jeu.

Il s’agit d’un vieillard reconnu de tous. C’est lui, un initié qui procède à la libation avec du Gin ou des bouteilles de vin. Alors qu’il accomplit ce cérémonial, le vieillard recommande aux visiteurs de formuler des vœux. Ces vœux, soutient-il trouveront leur exaucement au terme d’un bain avec l’eau de la source ‘’magique’’ qui se trouve sur le mont femelle. On aurait dit le mur des lamentations. Toujours est-il que ceux qui l’ont expérimenté en disent du bien.

Des personnes de différentes contrées affluent qui pour découvrir, qui pour effectuer une retraite spirituelle. Vu l’engouement que suscitent ces monts, les populations du village ont vite fait de créer un festival en 2019. Un ensemble de festivités dont le clou est une excursion sur les monts Mafa.

Sur les monts Mafa, tout se consomme sur place. Il y pousse des fruits. Il est donc interdit de les emporter au risque de s’attirer la colère des génies.

Comment sont nés ces monts ?

Les guides racontent qu’autrefois, c’était un village de plusieurs âmes. Il était réputé pour sa méchanceté.  Un jour, alors qu’il s’y passait une fête de génération, un étranger malade de pian est venu demander de l’eau. Il a été refoulé. Après trois tentatives, un homme pris de pitié a partagé avec cet étranger son verre. L’étranger reconnaissant de ce geste a demandé à son bienfaiteur de quitter le village avec tout ce qu’il avait de cher dès la tombée de la nuit. Ce qu’il fit. A son départ, tout ce qui avait vie dans ce village a été transformé en pierre.

Depuis lors, le site a été érigé par les autochtones en site touristique. Il est aussi un site pour les pèlerinages spirituels.

L’école des Komians d’Aniassue

A Aniassué dans le département d’Agnibilekrou, C’est une institution. Les komians ne sont plus à présenter. Elles sont bien ancrées dans les habitudes, plusieurs personnes ont recours à elles. Les komians sont des prêtresses traditionnelles.

Chez le peuple akan, c’est une pratique qui compte.   Elles sont réputées pour leur capacité à prédire l’avenir ou encore à offrir des soins traditionnels aux malades.

Sous l’impulsion de feu Jean marie Adiaffi Adé qui a fait du bossonisme sa religion, une école de komians est née dans la région. Alors qu’elle a 20 ans, dame Adjoua Messouma aujourd’hui âgée de 60 ans est saisie par les bossons (entendez les génies). Elle sera initiée. Au fil du temps, elle décide de transmettre son savoir. Mais de quelle manière ? En fondant bien sûr une école. En 1992, s’ouvre le Centre Initiatique des Komians Adjoua Messouma d’Aniassue (CIKAMA).

Un centre qui compte pour beaucoup dans le patrimoine culturel de cette région. Un lieu d’apprentissage pour homme et femme. On y enseigne  les pratiques traditionnelles de la médecine,  l’art de vivre , le règlement de litiges familiaux et les danses traditionnelles. Le CIKAMA a pignon sur rue dans la région car elle est désormais une référence. Une vingtaine de pensionnaire s’y succède tous les ans. La formation dispensée dure entre 3 et 7 ans selon les aptitudes des apprenants. Cette formation se déroule en quatre étapes au terme desquelles, les apprenants sont officiellement installés. Ils peuvent exercer désormais. Les komians nous a-t-on appris s’appuient sur deux divinités notamment bosson qui est le génie de la forêt et water (lire wata) qui est le génie de l’eau. De façon occasionnelle, l’école reçoit des visiteurs qui pour la plupart se laissent égayer par les pas de danse endiablés des jeunes komians.

Au passage de notre délégation, une danse est prévue. Après un long moment de préparation, c’est à la queue-leu-leu que les komians accèdent à la place réservée pour la danse. Mais avant, une des leurs a pris le soin de délimiter l’espace à l’aide de poudre de kaolin. Un espace qu’il ne faut pas franchir avec des chaussures pour qui veut valser avec les komians. Au son de tam-tam, les komians esquissent des pas de danse dans une chorégraphie digne du carnaval de rio. Des pas cadencés qui vous transportent dans l’univers cosmique des génies.

Les komians, il faut le noter se retrouvent dans tous les royaumes akans. Une tradition héritée du royaume ashanti. L’on se souvient du célèbre prêtre-devin Okomfo Anokyé qui par ses connexions avec le monde invisible a permis au roi ashanti Osei Tutu de remporter non seulement la bataille du denkeyra mais surtout d’étendre son règne…

Les singes sacrés de soko

Soko, est un village du département de Bondoukou. Il doit sa célébrité à ses singes. Des primates qui depuis plusieurs siècles cohabitent avec les villageois. De passage dans cette contrée, certaines personnes y marquent un arrêt pour vivre leur propre expérience. La légende continue cependant d’alimenter l’origine de ces primates. L’occasion de la quinzaine touristique a permis de rencontrer l’un des dépositaires de l’histoire véritable de ces singes. Il s’agit du doyen Ouattara Adama dit Katanga, qui est le conseiller du chef du village.

D’entrée, il dément la conception selon laquelle ces singes seraient des morts réincarnés. Une explication qui surement s’appuie sur le fait que ces singes vivent à proximité d’un cimetière.

L’histoire de ces singes remonte à une époque très ancienne. Tolè Mêla, un chasseur d’éléphant quittait son village Wolkehi pour chasser sur les terres de soko. Habitué à ce territoire, il décide un jour de s’y installer.  Il trouvera sur place ces singes. Paradoxalement, il n’a jamais osé tirer sur l’un d’entre eux. Laissant naître un climat de confiance entre les primates et le chasseur. La cohabitation fut pacifique. Tolè Mêla, s’érigea en leur protecteur. D’ailleurs les grimaces des singes lui ont permis de vaincre sa solitude. C’est donc ce chasseur qui a imposé à ses descendants la protection de ces singes. Il a même demandé à qui tuerait un singe de façon accidentelle de lui offrir une sépulture comme un humain.

Cette consigne a traversé les générations. Le mot est bien passé, car il a donné à ces singes un caractère sacré. Ils sont aujourd’hui l’attraction de ce village. Des personnes extérieures y vont rien que pour voir ces primates qui sautent de branches en branches. A en croire l’homme qui s’occupe de leur nourriture, c’est tôt le matin qu’ils sont plus visibles. Avec de la banane douce ou des graines d’arachides vous serez les biens venus à soko…

Hermann Djea
Author: Hermann Djea

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