Abidjan Fashion Week 2025 : l’affirmation d’un luxe africain en pleine maturité

Durant une semaine intense, Abidjan s’est imposée comme l’un des nouveaux centres névralgiques de la mode africaine contemporaine. À l’occasion de la deuxième édition de la Fashion Week by Elie Kuame, créateurs confirmés, jeunes talents et acteurs de l’industrie ont esquissé les contours d’un luxe africain ambitieux, structuré et résolument tourné vers l’international.

Une semaine pour penser, transmettre et structurer la mode africaine

Du 8 au 14 décembre 2025, le Centre sportif, culturel et des TIC ivoiro-coréen d’Adjamé a vécu au rythme de la Fashion Week Abidjan by Elie Kuame. Dès les premiers jours, l’événement a clairement affiché ses intentions : dépasser le simple cadre du défilé pour devenir un espace de réflexion et de construction. Master class et Fashion Talks ont réuni créateurs, entrepreneurs et passionnés autour de thématiques clés telles que l’entrepreneuriat féminin, la transformation numérique et la structuration des filières créatives.

Portée par Elie Kuame, en collaboration avec Georgette Griffit, cette édition a mis en lumière une jeunesse africaine confiante, consciente de ses forces et désireuse d’inscrire son savoir-faire dans une dynamique durable. L’ouverture à des talents venus d’autres pays africains a renforcé cette vision panafricaine, ce qui fait d’Abidjan un carrefour où l’artisanat, l’innovation et l’ambition internationale dialoguent avec fluidité.

Le prix Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, révéler la relève

Moment fort de cette semaine, le concours Marie-Thérèse Houphouët-Boigny s’est imposé comme un véritable levier de transmission et de valorisation de la jeune création. Pensé comme un tremplin, il a offert une scène d’expression à sept jeunes créateurs venus défendre leur univers à travers des collections empreintes de personnalité et de sens.

À l’issue de cette compétition, le jury a distingué trois talents dont les propositions ont particulièrement retenu l’attention. Maham a remporté le premier prix grâce à une collection saluée pour sa cohérence et la force de son récit créatif. Jean-Charles Adigun s’est hissé à la deuxième place avec un travail inspiré, porté par une écriture stylistique maîtrisée, tandis que Phil Quashey a décroché le troisième prix, convainquant par la qualité de ses finitions et son approche des matières. Le jury a unanimement souligné la rigueur du travail présenté, la narration assumée des collections et le niveau d’exigence technique, preuve que l’avenir de la mode ivoirienne et africaine repose sur des bases solides.

Deux jours de défilés pour consacrer l’excellence

Les soirées des vendredi 12 et samedi 13 décembre ont donné toute sa dimension à cette Fashion Week. Durant ces deux jours, le podium est devenu le théâtre d’une démonstration de style, de maîtrise et d’identité. Sous le regard d’un public conquis, les créateurs ont livré des collections où couture et prêt-à-porter dialoguaient avec élégance. Plusieurs créateurs ont sublimé le T du centre ivoiro-coréen.

Elie Kuame, en maître d’orchestre, a marqué les esprits avec une collection à la précision architecturale, révélant une vision du luxe fondée sur la coupe, la structure et le détail. Gilles Touré a confirmé son statut de figure incontournable en proposant une élégance intemporelle, tandis qu’Ibrahim Fernandez a sublimé la silhouette féminine à travers des créations délicates et audacieuses. Frank Gnamien a, pour sa part, imposé une sophistication plus épurée, jouant sur l’équilibre des formes et la sobriété maîtrisée.

Dans cette dynamique, Rocard Yapo a affirmé une esthétique contemporaine et urbaine, entre audace et héritage, pendant que la Maison Kantys rappelait l’importance du savoir-faire et de la tradition revisitée. L’ensemble de ces propositions a dessiné un paysage riche et cohérent, où chaque créateur, par son écriture singulière, a contribué à élever la mode ivoirienne à un niveau de reconnaissance internationale.

Avec cette deuxième édition, la Fashion Week Abidjan by Elie Kuame confirme son ancrage et sa montée en puissance. 

Texte et Photos : Abidjan Planet

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