Cafémisu : de l’amour du café à la réalisation d’un rêve 

Carla Mroué, pâtissière diplômée du Cordon Bleu et barista, est la promotrice de Cafémitsu. Lancé en mai 2025 à Abidjan, ce concept unique mêle passion pour le café et revisite originale du tiramisu. Plus qu’une simple entreprise, Cafémitsuu est la concrétisation d’un rêve personnel et un hommage à son père. Elle partage au cours de cet entretien, son parcours, ses innovations, et les défis de l’entrepreneuriat à Abidjan.  

Présentez-vous !

Je suis Carla Mroué, directrice générale de Cafémitsu, basée à Abidjan. Nous avons été créés en mai 2025 et nous vendons principalement des tiramisus, du café glacé et du matcha.

Depuis combien de temps avez-vous commencé ?

Nous avons commencé en mai 2025, cela fait donc sept mois.

Comment est née l’idée de lancer ce café ?

Je suis une très grande fan de café. Il y a plus d’un an, je m’étais inscrite à une école de barista à Paris. Malheureusement, j’ai dû repousser ma formation à plusieurs reprises car mon père était malade. C’est d’ailleurs lui qui m’avait inscrite.

En février 2025, j’ai dû repousser la formation une énième fois suite au décès de mon papa. Après son décès, je me suis dit que, puisque c’était lui qui m’avait inscrite et que c’était mon rêve d’avoir un coffee shop, je devais absolument le réaliser.

En mai, après son décès, l’école m’a recontactée pour me signaler des disponibilités. J’ai vu cela comme le moment d’y aller. J’ai suivi ma formation, puis j’ai commencé à élaborer le projet via les réseaux sociaux, notamment en créant une page Instagram. C’est ainsi que l’activité s’est développée, prenant une ampleur à laquelle je ne m’attendais même pas.

Cafémitsuu, quelle est l’idée derrière ce nom ?

Le nom n’est pas si compliqué. Il s’agit de Café et de Tiramisu (Cafémisu).

C’est quoi le tiramisu ?

Le tiramisu est un dessert italien à base de crème mascarpone. Ce qui fait notre spécificité, c’est que nous avons revisité le tiramisu. Le tiramisu classique est à base de café, mais nous le déclinons avec différentes recettes. Nous avons plus de 12 parfums, comme le Bueno, le Nutella, le Matcha (très tendance en ce moment), le Ferrero, et l’Oreo. Nous essayons d’introduire un nouveau parfum par mois pour que les gens puissent découvrir de nouvelles saveurs.

Quels sont vos best-sellers ?

Le Café et le Bueno. Le café est un classique, et le Bueno est très apprécié.

Nous ne faisons pas que du café, nous proposons aussi du matcha, un thé vert extrêmement tendance. Il a un succès encore plus grand que le café chez nous, il est très demandé. Les gens aiment beaucoup le boire avec des laits végétaux, comme le matcha avoine, qui est un autre de mes best-sellers. C’est une véritable révolution !

Qui prépare le café et les tiramisus ?

C’est moi qui fais tout ! Et c’est moi qui ai formé les employés qui sont sur les différents sites. Malheureusement, je ne peux pas être dans les trois boutiques en même temps. Nous avons également une cuisine dédiée aux livraisons, qui est distincte des deux cafés.

Comment tout a commencé ?

Nous avons commencé avec un concept basé uniquement sur le fait maison et la livraison. Puis, petit à petit, nous avons commencé à organiser des pop-ups dans différentes zones d’Abidjan.

L’ouverture de mon premier café est née d’une situation particulière : j’avais fait concevoir un stand qui, malheureusement, était trop grand pour l’endroit initialement prévu. Étant donné son coût élevé, je ne pouvais pas l’abandonner. L’idée m’est venue d’organiser un marché de Noël pour y installer ce stand, dans le but de permettre à nos clients virtuels de nous rencontrer. L’événement a bien fonctionné, et les gens m’ont demandé de laisser le stand tel quel, avec les tables et les chaises, pour pouvoir profiter de Cafémitsuu plus régulièrement. Je me suis dit : « Pourquoi pas ? »

Une semaine après, j’ai décidé d’ouvrir de manière permanente avec les moyens du bord, et c’était lancé. L’activité s’est développée, et aujourd’hui, nous avons un stand à Ivoire Trade Center (ITC) et à Marcory Résidentiel. En plus de cela, nous continuons les livraisons. Nous avons aussi beaucoup de projets pour les mois à venir.

Avant de vous installer, pensez-vous que c’était un besoin ? Y avait-il un manque ?

Je n’ai pas fait d’étude de marché formelle, mais je voyage beaucoup, surtout en Europe. J’y allais tous les deux ou trois mois, et je voyais le concept de coffee shop se développer énormément. Je me suis dit qu’il y avait un manque à Abidjan.

J’ai développé un système de livraison unique : si vous commandez un café chez nous, il est livré dans une bouteille, avec un verre et des glaçons à côté. Ainsi, peu importe où vous êtes sur Abidjan, le café arrive frais et non dilué. Notre particularité, c’est d’ajouter sur chaque bouteille une citation motivante. Chaque matin, vous recevez votre bouteille avec un message encourageant.

Êtes-vous la seule à faire cette activité ?

Je suis la seule à livrer le café dans la bouteille. Beaucoup de cafés livrent, mais ils le font dans un verre avec les glaçons, ce qui fait que le café arrive, dilué et sans goût.

Concernant le tiramisu, je n’ai pas créé le dessert, et on en trouve à Abidjan, c’est vrai. Cependant, je pense que nos clients sont fidèles grâce au goût et à notre différence. Le tiramisu au café, on le trouve partout, mais le Bueno ou le Ferrero, par exemple, je pense que j’ai été l’une des premières à le faire. Nous sommes l’originale en termes de saveurs revisitées.

Quel rôle Instagram a-t-il joué dans votre stratégie commerciale ?

Instagram a joué un rôle capital. Aujourd’hui, tout se fait via les réseaux sociaux. La possibilité de sponsoriserles publications nous offre plus de visibilité, y compris auprès de gens que nous ne connaissons pas. Nous pouvons aussi faire du ciblage par zone. Si je veux atteindre les clients de la Riviera, je cible cette zone, et mes posts y seront diffusés. Instagram a été très important pour notre lancement.

Si l’on reste sur Instagram, quelle est la cartographie géographique de votre clientèle ?

Je n’ai pas fait d’étude précise, mais quand je prends les commandes, je demande toujours la zone. Nous avons beaucoup de commandes dans la zone nord : Cocody, Angré, Riviera, Deux-Plateaux.

Qui sont vos clients ?

La majorité se situe dans la tranche d’âge 18-30 ans, mais nous avons aussi des clients allant jusqu’à 40 ans, voire plus. Je le constate notamment à l’ITC, où j’interagis beaucoup. Des personnes plus âgées, des mamans, des grands-parents, me contactent après nous avoir découverts sur les réseaux sociaux.

Prévoyez-vous d’ouvrir ailleurs après cela ?

Bien sûr. Nous prévoyons d’ouvrir ailleurs, toujours dans la zone nord, mais nous sommes actuellement à la recherche d’un bon local.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au moment de vous lancer ?

Oui, quelques difficultés. Tout mon matériel est importé. J’ai fait une première importation, mais mon fournisseur a eu une rupture de stock, m’obligeant à changer mes boîtes. Quand les clients s’habituent à un packaging et que vous devez en changer, ils se plaignent, ce qui est normal. J’ai eu quelques difficultés à ce niveau.

Et le café, vous le trouvez sur place ?

Il est aussi importé du Brésil. Mais mon fournisseur est basé à Abidjan.

Quelle est votre histoire avec Abidjan Planet ?

Depuis toute petite, je connais Abidjan Planet par l’intermédiaire de mon père. Nous avions l’habitude, je me souviens quand j’avais 10-11 ans, d’être appelés dès que le journal arrivait à Cap Sud. C’était le journal préféré de mon papa. Dès que je le voyais, je savais que je devais le lui ramener.

Être sur Abidjan Planet aujourd’hui est une fierté, un honneur. C’est honorer sa mémoire. C’est merveilleux, car je n’aurais jamais imaginé cela. J’aurais tant aimé qu’il voit ça.

Avez-vous un message à faire passer ?

Il faut toujours croire en ses rêves et dire aux jeunes filles qu’il ne faut jamais abandonner ses objectifs. Il faut travailler dur et ne pas compter sur les autres. Quand vous voulez quelque chose, donnez-vous à fond pour l’obtenir.

J’ai mis deux à trois ans avant d’aboutir à ma formation. J’ai continué, j’ai poussé. Au final, je l’ai fait. Je n’imaginais pas que Cafémitsuu prendrait une telle ampleur. Aujourd’hui, Dieu merci, nous avons une bonne réputation, nous sommes connus et très sollicités. C’est une fierté de ne pas avoir abandonné et de réaliser mes rêves. J’espère que ce n’est que le début.

Texte : Mano

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