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Exposition « Éclats de Couleurs » : Franck-Philippe N’Dia et Ceko Nihckasson Diabaté à l’honneur à La Rotonde des Arts

La galerie La Rotonde des Arts Contemporains a accueilli, ce mercredi 4 mars 2026, le vernissage de l’exposition « Éclats de Couleurs ».

Les artistes Franck-Philippe N’Dia et Ceko Nihckasson Diabaté ont présenté leurs œuvres devant un parterre d’amoureux de l’art. Cette soirée marquait également la réouverture de la galerie, après plusieurs travaux de rénovation.

Franck-Philippe N’Dia (haut blanc, pantalon noir) et Ceko Nihckasson Diabaté (haut rouge, les bras croisés) aux côtés de Professeur Yacouba Konaté (tout blanc)

Ingénieur de formation, Franck-Philippe N’Dia parvient à faire cohabiter la rigueur du scientifique et la liberté de l’artiste. Il travaille le textile comme matière de prédilection. Ses tableaux sont composés d’une multitude de morceaux de tissu qu’il assemble avec minutie pour créer des œuvres d’une grande richesse esthétique.

L’artiste utilise exclusivement du textile Wax et peut assembler jusqu’à 24 000 pièces de tissu pour la réalisation d’un seul tableau. À travers ses créations, Franck-Philippe N’Dia explore les textures, les motifs et les structures géométriques pour donner naissance à des compositions abstraites d’une grande précision. Chez lui, les éclats de couleurs deviennent de véritables expressions d’émotions et de sens.

Un tableau de l'artiste Franck-Philippe N’Dia
Un tableau de l’artiste Franck-Philippe N’Dia

De son côté, Ceko Nihckasson Diabaté, informaticien de formation, a troqué l’ordinateur pour les débris et objets récupérés dans la rue, supports sur lesquels il exprime son art. À travers des mots et des expressions incisives, il interpelle sur la société et ses réalités.

Un tableau de l'artiste Ceko Nihckasson Diabaté
Un tableau de l’artiste Ceko Nihckasson Diabaté

Dans ses œuvres, il dénonce, questionne mais félicite aussi. L’artiste aborde des thèmes variés tels que la politique, la musique ou encore la religion. Il met particulièrement l’accent sur la ville d’Abidjan et ses problématiques, notamment les embouteillages et les réalités sociales urbaines.

Sur certains tableaux exposés, le public peut lire des satires ou messages populaires tels que :
« Toi là, même quand ton mogo là était au pouvoir, tu dormais toujours dans Mossikro. ADO t’a donné ponts et routes pour aller dans ton village. Faut pas être ingrat. » ou encore : « Maintenant je ne dors plus dans Cicobois. Par la faute de ADO, je dors dans la rue avec ma femme et mes enfants. »

Un tableau de l'artiste Ceko Nihckasson Diabaté
Un tableau de l’artiste Ceko Nihckasson Diabaté

À la fin des années 1990, Ceko se lance dans la peinture avant d’opérer un retour à la mer et aux objets de récupération pour en faire des œuvres d’art. Ses compositions sont souvent construites à partir d’éléments industriels, d’objets trouvés et de fragments urbains. Il en résulte un univers plastique où la matière dialogue avec la couleur.

« La démarche de Ceko évoque celle de l’arte povera, ce courant artistique qui, en Italie au début du XXe siècle, a renoncé au lyrisme de l’expressionnisme pour s’ouvrir à la richesse organique des matériaux de rebuts de la société industrielle.

Selon des démarches personnelles, Franck-Philippe N’Dia et Ceko Nihckasson Diabaté illustrent une donnée suggestive de l’histoire de l’art : le matériau de l’artiste ou son traitement spécifique réclament une puissance de renouvellement de l’expression plastique », précise le Professeur Yacouba Konaté, directeur de La Rotonde des Arts et par ailleurs président honoraire de l’AICA.

Des tableaux de l'artiste Franck-Philippe N’Dia
Des tableaux de l’artiste Franck-Philippe N’Dia

L’exposition reste accessible au public jusqu’au 28 mars 2026. Les amateurs d’art sont invités à venir découvrir ces œuvres et à s’en procurer pour embellir leur environnement.

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