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Kajeem : 30 ans de reggae engagé,

Kajeem : 30 ans de reggae engagé, 30 ans d’inspiration

Le 7 octobre 2023, l’artiste Kajeem célèbrera 30 années de carrière musicale lors d’un concert exceptionnel. Au cours de cette soirée, il prévoit offrir deux heures et demie d’une communion intense à ses fans.

30 ans de carrière

Huit albums tous aussi poignants les uns que les autres. Kajeem incarne la constance dans l’engagement, accompagné d’une musique aux sonorités qui oscillent entre le reggae et le hip-hop.

Depuis N’gowa (1997), Revelation Time (1999), la voix du ciel (2000), Qui a intérêt (2008), Ghetto Reporters (2010) en passant par Gardien du feu (2016), qu’il chante en baoulé, en français, en anglais ou en espagnol, Kajeem se sent toujours à l’aise dans son art.

Sa source d’inspiration semble inépuisable, abordant des sujets profondément engagés. Son dernier opus, « Raggafrika » (2023), en est la parfaite illustration, avec des titres comme « Tu tournes film » et « Osons le courage » qui suscitent des réactions variées. Cependant, l’artiste reste fidèle à sa vision, sans pointer du doigt qui que ce soit. Son répertoire est riche et il prévoit de le revisiter le 7 octobre prochain lors d’une célébration mémorable pour marquer trois décennies de carrière. L’accent sera particulièrement mis sur son dernier album, composé de 16 titres. En plus de cela, il ajoutera quelques classiques de son répertoire bien fourni pour une soirée festive.

Kajeem prépare également une facette académique de son travail en collaborant avec des universitaires qui ont étudié ses œuvres. Une semaine avant le spectacle principal, il offrira un concert acoustique VIP à ses partenaires, montrant ainsi son appréciation pour ceux qui œuvrent dans l’ombre. Le point culminant de cette célébration se tiendra au Palais de la Culture, à la salle Lougah François/Ernesto Djédjé de 1500 places, où Kajeem aura l’opportunité de présenter sa famille artistique. Un show qui s’annonce plein de vibs…

Un artiste engagé

Kajeem est un artiste insaisissable.

Il se définit avant tout comme un artiste engagé. Il se met au service de la société qui l’accueille et se fait le porte-parole des populations désabusées qui ne trouvent aucun espace pour s’exprimer. Cette démarche lui a valu des coups durs, mais l’artiste reste inébranlable. Il porte cette croix depuis maintenant 30 ans, et c’est devenu sa signature distinctive.

Il sait qu’il est rapidement catalogué, que des portes se ferment à lui, et que des contrats sont annulés en raison de ses convictions. Cependant, cette situation ne le dérange guère, car il est convaincu que ses chansons portent leurs fruits même si elles dérangent. Un couplet de son album « Révélation Time » l’affirme fièrement : « Les chansons que je chante sont pour certains un supplice, je vois des fronts se plisser à Kingston, à Paris, comme à Abidjan City. Le fils de Djah délivre le message de Rastafari, cela ne plaît pas à tout le monde… ». Ses textes sont le reflet fidèle d’un profond engagement.

Mix reggae et hip hop

Il y a maintenant trente ans que Kajeem a fait son entrée sur la scène musicale, mais il demeure toujours difficile de le cataloguer dans un genre musical bien défini, une notion qu’il partage lui-même.

Il explique : « Officiellement, c’est le Mouvement Universitaire du Rap (MUR) qui m’a révélé, et cette empreinte reste indélébile.

Mes arrangeurs me rappellent parfois que j’ai tendance à oublier mes racines reggae, qui constituent pourtant mon genre musical d’origine. Le reggae m’apporte une base spirituelle solide ainsi qu’un aspect mélodique que j’apprécie énormément. Je suis fier de puiser dans ces deux grands genres musicaux que sont le reggae et le hip-hop, ce dernier célébrant cette année son cinquantième anniversaire. » Finalement, il coupe la poire en deux, en se définissant comme étant à la croisée du reggae et du hip-hop, créant ainsi ce qu’il appelle le « dance hall ».

Deux belles rencontres

Au fil des années l’artiste s’est bonifié grâce à des rencontres fortuites, qui ont joué un rôle essentiel dans son parcours. Il se considère chanceux d’avoir croisé la route de deux individus en particulier.

Le premier, un ingénieur du son renommé dans le milieu, Fantôme, qui a par la suite adopté le nom de Naftaly. Le second, un musicien français, Stéphane Cavin, qui lui a ouvert les portes de Marseille en France et l’a introduit dans la grande famille musicale de la ville. En rétrospective, Kajeem déclare : « C’est une autre école de la musique, des arrangements. C’est lui qui m’a inculqué une certaine rigueur dans la conception artistique. »

Un show dédié aux fans

Son ascension, il la doit au soutien indéfectible de ses fans, ce qu’il ne cesse de marteler lors de ses entretiens. Ces fans sont bien plus que de simples spectateurs, ce sont des âmes dévouées qui posent des actes délibérés simplement parce qu’ils l’adulent.

Ce concert marque la célébration de trois décennies de loyauté inébranlable.

En retour, il promet de leur offrir le même niveau d’engagement et espère qu’à la fin de cette soirée, ils garderont en mémoire l’image d’un artiste demeurant fidèle à lui-même et à ses convictions.

Il rappelle avec fermeté que le respect envers son public demeure essentiel et que son engagement, que ce soit sur le plan idéologique ou musical, reste indéfectible.

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