DOH Bi Tah Augustin : ‘’Notre vision est faire du FESTIGO la référence culturelle du pays Gouro’’

Gohitafla se prépare à accueillir son tout premier grand rendez-vous culturel. Du 21 au 23 août 2026, le Festival des Arts et de la Culture de Gohitafla (FESTIGO) ouvrira ses portes pour célébrer et sauvegarder l’immense patrimoine du pays Gouro, avec en pole position le mythique Zaouli. Entre ambitions touristiques, défis logistiques et opportunités économiques pour la Marahoué, Doh Bi Tah Augustin, promoteur et Commissaire Général de l’événement, nous dévoile les grands axes et les coulisses de ce rendez-vous historique.
Qu’est-ce qui a motivé la création du FESTIGO et quel vide comble-t-il à Gohitafla ?

Le FESTIGO est né d’une volonté forte de préserver, valoriser et transmettre le riche patrimoine culturel de Gohitafla et du pays Gouro de façon générale. Malgré l’immense richesse culturelle de notre département, Gohitafla était jusque-là le seul département de la région de la Marahoué n’ayant pas de festival alors qu’il est le creuset de la culture Gouro. En plus, les quelques festivals qui existent ailleurs, n’ont pas l’envergure d’un grand événement fédérateur capable de réunir les populations autour de leur identité culturelle tout en offrant une vraie vitrine à leurs talents.
Le Festival des Arts et de la Culture de Gohitafla (FESTIGO) vient donc combler un double besoin : d’une part, celui de sauvegarder nos traditions face à la mondialisation et à la perte progressive de certains repères culturels, et d’autre part, celui de créer un vrai cadre de rencontre, de cohésion sociale et de développement économique. Le FESTIGO ambitionne de devenir un véritable outil de promotion culturelle, touristique et économique au service de Gohitafla et de toute la région de la Marahoué.
Comment comptez-vous valoriser les spécificités du patrimoine Gouro durant ces trois jours ?
Les festivaliers découvriront les danses traditionnelles emblématiques de notre terroir, notamment le célèbre Zaouli, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Nous prévoyons également : Des expositions d’objets d’art et d’artisanat traditionnel ; une foire des produits du terroir ; des démonstrations de savoir-faire ancestraux ; des prestations de groupes de danses traditionnelles et la mise en avant d’une quinzaine d’artistes locaux déjà répertoriés par le comité d’organisation ; des contes et récits valorisant l’histoire du peuple Gouro ; des expositions mettant en lumière les symboles et les valeurs de notre culture. L’objectif est de permettre aux visiteurs de vivre une immersion totale dans l’univers culturel de Gohitafla.
Pourquoi avoir choisi la période du 21 au 23 août 2026 pour cette première édition ?

Le mois d’août correspond à une période de vacances durant laquelle de nombreux fils et filles de Gohitafla vivant à Abidjan ou à l’étranger peuvent facilement revenir dans leur localité d’origine.
C’est également une période favorable pour les retrouvailles familiales. Nous avons souhaité faire du FESTIGO un moment de rassemblement des populations, des cadres, des jeunes et des partenaires. D’où le choix de cette période stratégique. Nous avons aussi l’ambition de positionner le festival comme l’un des grands rendez-vous culturels de la saison estivale en Côte d’Ivoire.
Au-delà de la fête, quelles retombées économiques attendez-vous ?
Les retombées économiques constituent l’un des objectifs majeurs du FESTIGO. Pendant ces trois jours, nous espérons générer une activité importante pour : les commerçants ; les restaurateurs ; les transporteurs ; les hôteliers ; les artisans.
Le festival créera également des opportunités d’affaires et favorisera la visibilité des producteurs de notre localité.
Quelles ont été les principales difficultés pour cette grande première ?
Les difficultés c’est le propre de tout projet ambitieux. Le principal défi reste la mobilisation des ressources financières. Nous devons également relever les défis liés à la logistique, à la communication, à la mobilisation des populations et à l’accueil des visiteurs.
Nous bénéficions de l’adhésion des populations, des chefs traditionnels, des autorités administratives et de plusieurs cadres de la région qui comprennent l’importance du projet. Nous poursuivons également nos démarches auprès des entreprises et institutions afin de construire des partenariats solides pour assurer la réussite de cette première édition.
Quels arguments avanceriez-vous pour séduire les touristes ?
Le FESTIGO offre une expérience authentique. Les visiteurs auront l’occasion de découvrir la richesse de la culture Gouro ; les spectacles traditionnels ; la panoplie de masques Gouro avec un accent sur le célèbre Zaouli qui est né à Gohitafla; nous avons prévu un circuit touristique allant de la visite des pierres au visage humain de Gohitafla à la visite du tribunal colonial de Zuénoula en passant par la visite de la prison coloniale, la visites des tombes des célèbres résistants anticoloniaux Zokou Gbeuli et Badieglô et la visite du village de Zrabisséifla et la tombe du créateur de la danse et du masque Zaouli.
Les festivaliers auront droit également à l’hospitalité légendaire du peuple Gouro ; ils gouteront les saveurs gastronomiques de chez nous.
Le festival constitue également une occasion unique de découvrir une autre facette de la Côte d’Ivoire.
Combien de festivaliers espérez-vous accueillir ?
Pour cette première édition, nous restons réalistes mais pas moins ambitieux. Nous espérons accueillir plusieurs milliers de visiteurs, environs 5000 festivaliers, sur l’ensemble des trois jours de festivités. La priorité n’est pas uniquement le nombre de participants, mais surtout la qualité de l’organisation et l’expérience à offrir aux festivaliers.
Quelles dispositions ont été prises pour garantir la sécurité des festivaliers ?
Le comité d’organisation travaille en étroite collaboration avec les autorités administratives, les forces de sécurité de Gohitafla et les services de secours de Zuénoula qui sauront mettre en place un dispositif adapté. De plus, l’association « Mono Fils de Gohitafla », des jeunes militaires, policiers, gendarme, agents d’eau et forêt ressortissants de Gohitafla ont décidé de mettre leur expérience au service de la sécurisation du festival. Ils seront là pour épauler les forces de l’ordre pour offrir aux festivaliers un séjour serein.
Plusieurs mesures seront prises concernant la sécurisation des sites ; la gestion des flux de festivaliers ; le stationnement ; les secours et l’assistance sanitaire ; la prévention des incidents.
Quels seront les grands temps forts de cette édition 2026 ?

Cette première édition sera marquée par plusieurs temps forts : la cérémonie officielle d’ouverture ; les prestations de danses traditionnelles ; la foire artisanale et commerciale ; les expositions culturelles ; quatre conférences et panels sur la culture et le développement local ; les concours et animations populaires ; les spectacles artistiques ; la visite touristique ; la cérémonie de clôture. Nous préparons également plusieurs surprises qui seront dévoilées progressivement dans les semaines à venir.
Quelle est votre vision à long terme pour le festival ?

Notre vision est faire du FESTIGO la référence culturelle du pays Gouro et l’un des plus grands festivals culturels de Côte d’Ivoire. Nous souhaitons bâtir un événement capable de promouvoir notre patrimoine, de stimuler notre économie, de renforcer le tourisme culturel et d’offrir une plateforme d’expression à la jeunesse de Gohitafla. À terme, le FESTIGO devra être un rendez-vous incontournable du calendrier culturel national avec la mobilisation des partenaires étrangers.
Quel message lancez-vous aux populations et aux partenaires ?
J’invite toutes les filles et tous les fils de Gohitafla à s’approprier ce projet qui est avant tout le leur. Le FESTIGO n’est pas seulement un festival ; c’est un instrument d’influence et valorisation de notre identité, de promotion de notre territoire et de construction de notre avenir collectif. J’appelle également les entreprises, les institutions et les partenaires à nous accompagner dans cette aventure qui contribuera au rayonnement de Gohitafla bien au-delà de nos frontières.
Pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à vous soutenir ?
Soutenir le FESTIGO, c’est associer son image à un projet porteur : culture, jeunesse, cohésion sociale, développement local et promotion du patrimoine ivoirien. C’est également bénéficier d’une visibilité importante auprès des populations, des leaders d’opinion, des autorités et des médias grâce à notre fort réseau de communication. En plus, les entreprises qui nous accompagnent deviennent des acteurs du développement culturel et économique de notre région. Elles renforcent surtout leur notoriété auprès du grand public et ont accès directement à une grande communauté qui constitue de potentiels clients.
Mano