SILA 2026 : le livre s’impose comme une priorité nationale

Le Parc des Expositions d’Abidjan a accueilli, ce 29 avril 2026, la cérémonie officielle d’ouverture de la 16ᵉ édition du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA), prévue du 28 avril au 2 mai. Présidée par le Chef de l’État, Alassane Ouattara, cette ouverture a réuni plusieurs membres du gouvernement, des acteurs du monde culturel ainsi que des partenaires internationaux.
Placée sous le thème « Lire pour bâtir », cette édition met en avant le rôle du livre dans la formation des citoyens et dans la construction d’une nation solide.

Parrain de cette édition, le Grand Chancelier de Côte d’Ivoire SEM Ally Coulibaly a prononcé un discours fort, centré sur la place du livre dans le développement du pays. Il a décrit le SILA comme : « un espace de débat sur notre destin commun, de questionnement sur notre condition humaine… une fête fraternelle de l’esprit ». Dans la continuité de cette vision, il a lancé un appel clair : « déclarer le livre et la lecture cause nationale ». Il a justifié cette position par une affirmation forte : « Une nation qui lit est une nation qui décide, une nation qui réinvente, une nation qui ne subit plus l’histoire mais qui l’écrit. »
Pour lui, la priorité reste claire : bâtir des esprits éclairés avant de construire des infrastructures.
La lecture, un outil décisif pour la jeunesse

Le Grand Chancelier a insisté sur l’impact de la lecture sur les jeunes générations. Il a rappelé que le livre constitue un levier essentiel pour le développement intellectuel : « La lecture propose aux plus jeunes un irremplaçable outil de connaissance et de développement… elle nourrit leur intelligence, développe leur mémoire, enrichit leur vocabulaire et stimule leur pensée critique. »
Il a également souligné que la lecture dépasse le cadre scolaire. Elle prépare les individus à affronter les mutations du monde et à s’adapter à des environnements professionnels exigeants.
Le livre face au défi du numérique
Le discours n’a pas ignoré les transformations actuelles. Le Grand Chancelier a évoqué une évolution vers des pratiques de lecture hybrides, entre écran et papier. Il a toutefois mis en garde contre les effets d’une lecture fragmentée.Il a réaffirmé la valeur du livre physique :
« Cet objet livre… reste le moyen privilégié d’accéder aux mots et aux idées, de réfléchir et de rêver. »
Le Liban à l’honneur et un hommage à la diversité culturelle
Pays invité d’honneur, le Liban occupe une place centrale dans cette édition. Le Grand Chancelier a salué la contribution historique de la communauté libanaise en Côte d’Ivoire ainsi que la richesse de sa production intellectuelle.

Il a évoqué plusieurs figures majeures des lettres, dont Khalil Gibran, Andrée Chedid et Amin Maalouf, symboles d’une littérature ouverte sur le monde.
Maurice Bandaman à l’honneur
Auteur à l’honneur de cette 16ᵉ édition, Maurice Bandaman incarne cette ambition culturelle. Il s’est également distingué en remportant le Grand Prix National Bernard Dadié pour son œuvre Sœur Esclave.
La relève s’affirme avec Soubrou Dally, lauréat du Prix du Jeune Écrivain, et Charles Nokan, récompensé par le Prix Jeanne de Cavally.
Une vision portée au sommet de l’État

Le Grand Chancelier a conclu en rendant hommage au Président de la République, Alassane Ouattara. Il a salué une présence qu’il juge « hautement symbolique », preuve de l’importance accordée à la culture dans la stratégie de développement du pays.
Le message est clair : la construction d’une nation passe d’abord par la formation des esprits. Le livre s’impose ainsi comme un instrument de souveraineté intellectuelle et de progrès durable.