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Cacao : la Côte d’Ivoire veut séduire une nouvelle génération de producteurs

Le prix bord champ du cacao et du café pour la campagne 2026-2027 est désormais connu. Mais à l’ouverture des 10es Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC), ce mardi 1er septembre à Abidjan, le gouvernement a surtout insisté sur un autre enjeu : assurer la relève d’une filière confrontée au vieillissement de ses vergers et à la nécessité d’attirer davantage de jeunes.

L’annonce était attendue. Pour la campagne 2026-2027, le kilogramme de cacao sera acheté au prix bord champ de 1 200 FCFA, contre 1 300 FCFA pour le café.

Mais derrière cette annonce, le gouvernement veut surtout poser les bases du cacao de demain. Placée sous le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur », la 10e édition des JNCC met au premier plan une question stratégique : qui produira le cacao ivoirien dans 20 ou 30 ans ?

Le défi de la relève

La Côte d’Ivoire reste le premier producteur mondial de cacao. Plus de 1,2 million de producteurs participent directement à cette activité et près de 8 millions de personnes travaillent dans les différents métiers liés à la chaîne de valeur, selon le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné koné.

Pourtant, la filière doit préparer sa relève.

Le président du comité d’organisation des JNCC, par ailleurs, DG du Conseil café-cacao, Koné Brahima Yves, a indiqué que le recensement des producteurs et de leurs vergers fait ressortir un âge moyen de 40 ans. Un chiffre qui souligne la nécessité de rendre la cacaoculture plus attractive pour les nouvelles générations.

Le problème est aussi lié à l’image du métier. L’agriculture reste encore perçue par une partie de la jeunesse comme une activité pénible, peu valorisée et réservée à ceux qui n’ont pas réussi à l’école. Pour le ministre Bruno Nabagné Koné, cette perception doit changer, sous peine de fragiliser à terme la pérennité du secteur.

Faire de la plantation une entreprise

Pour attirer les jeunes, il faudra donc faire évoluer le modèle. Le cacao de demain devra être plus productif, plus technologique et moins pénible. C’est pourquoi le gouvernement mise notamment sur la recherche et le renouvellement des vergers.

Le Conseil du Café-Cacao prévoit ainsi de soutenir la mise à disposition de semences à haut rendement, de plants plus résistants aux maladies et à la sécheresse, ainsi que de cacaoyers permettant davantage de mécanisation.

Cette modernisation est d’autant plus nécessaire que les producteurs font face à plusieurs contraintes : changement climatique, vieillissement des vergers, maladies comme le Swollen Shoot, dégradation des sols, pertes post-récolte et difficultés d’accès au financement. À cela s’ajoutent les nouvelles exigences des marchés internationaux en matière de qualité, de durabilité et de traçabilité.

La jeunesse au-delà de la production

Le pari sur la jeunesse ne concerne toutefois pas uniquement la production de fèves.

Le Conseil du Café-Cacao veut également encourager les jeunes à investir dans la transformation primaire et la chocolaterie. Le Centre de formation aux métiers du cacao et du chocolat d’Akoupé-Zeudji doit contribuer à cette orientation.

Cette diversification répond à une autre ambition affichée par le gouvernement : faire passer la filière d’une logique de volume à une logique de valeur.

La Côte d’Ivoire veut davantage transformer son cacao sur place, notamment en masse, beurre, poudre et chocolat. Le Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières estime ainsi que le pays doit être reconnu demain pour son savoir-faire dans la fabrication du chocolat que pour ses seuls volumes de cacao brut.

Transformer plus pour créer plus de valeur

Les capacités industrielles existent déjà. Au cours de la campagne 2025-2026, 650 000 tonnes de cacao ont été transformées, soit 30 % de la production selon le président du comité d’organisation. Les capacités installées atteignent actuellement 1,155 million de tonnes et doivent passer à 1,344 million de tonnes au cours de la campagne 2026-2027.

L’enjeu est désormais de mieux utiliser ces capacités et de faire bénéficier l’économie nationale de la valeur créée autour du cacao.

Le gouvernement souhaite notamment porter la part de la production transformée localement à 50 % à l’horizon 2030.

Pour les jeunes, cette transformation peut ouvrir de nouvelles opportunités : entrepreneuriat, transformation, chocolaterie, recherche, logistique, qualité ou encore traçabilité.

Le prix ne résume pas l’avenir du cacao

L’annonce du prix bord champ intervient dans un contexte difficile. Le ministre a rappelé l’effondrement des cours internationaux du cacao, passés d’environ 13 000 dollars à moins de 3 000 dollars la tonne en quelques mois, ce qui a occasionné des difficultés de commercialisation pour l’ensemble de la chaîne.

La fixation du prix à 1 200 FCFA/kg pour le cacao et 1 300 FCFA/kg pour le café constitue donc l’une des principales annonces de cette ouverture des JNCC.

Mais le message porté cette année va au-delà du prix.

Le cacao représente 17 % du PIB ivoirien, près de la moitié des recettes d’exportation et environ 40 % de la main-d’œuvre active, selon le ministre. La question de sa relève dépasse donc largement le secteur agricole.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de faire du cacao un métier d’avenir pour sa jeunesse : produire mieux, transformer davantage et créer plus de valeur localement.

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