Interview avec Eddy KIDULAH, Directeur du MUST

Je suis Eddy KIDULAH, Directeur du MUST. J’exerce dans le domaine de la restauration depuis plus de 12 ans, avec un parcours construit au sein de plusieurs maisons et palaces de renom en Europe, notamment le Ritz Paris, Cheval Blanc Paris et le Beau-Rivage Palace à Lausanne. Ces expériences m’ont permis de développer une véritable culture du service, du détail et de l’excellence. Ces expériences m’ont permis de développer une véritable culture du service, du détail et de l’excellence. Aujourd’hui, au MUST, mon ambition est de transmettre cette exigence à toute l’équipe et de créer une expérience qui va bien au-delà de l’assiette, une expérience dont nos clients se souviennent.

Comment est né le projet MUST (date d’ouverture en plus) ? Quelle était l’idée de départ et qu’aviez-vous envie de créer à Abidjan ?
Le MUST est né d’une volonté assez simple : créer à Abidjan une destination qui corresponde aux nouveaux usages d’une clientèle locale et internationale à la recherche d’expériences plus complètes.
Le restaurant a officiellement ouvert ses portes le vendredi 6 février 2026, au sommet de l’Immeuble Z, sur la Rue des Jardins, au-dessus de la nouvelle parfumerie
Zino. Dès le départ, l’ambition était de dépasser le modèle du restaurant traditionnel pour créer une véritable destination lifestyle internationale.
Abidjan est une ville extrêmement dynamique et cosmopolite. Nous avions envie de créer un lieu qui soit à son image : contemporain, vivant, exigeant et ouvert sur le monde. L’idée était aussi de contribuer, à notre échelle, à faire entrer Abidjan dans une nouvelle conversation autour de l’hospitalité et des expériences lifestyle.
Pourquoi avoir choisi le nom « MUST » ? Que signifie-t-il pour vous et quelle promesse ce nom porte-t-il vis-à-vis du client ?
Le nom MUST est volontairement direct. Il exprime une idée de référence, de désir et d’évidence. Mais pour nous, le MUST, c’est avant tout la promesse : proposer une expérience que l’on a envie de vivre, de partager et de revivre.
Comment décririez-vous le MUST à quelqu’un qui ne le connaît pas encore : son emplacement, son architecture, sa décoration, sa vue et son atmosphère ?

Le bâtiment possède une présence architecturale contemporaine assez distinctive, et nous avons voulu que l’aménagement intérieur prolonge cette identité. Le design joue sur des lignes épurées, des matériaux chaleureux, des textures tactiles et des touches dorées très discrètes. L’idée était de trouver un équilibre entre sophistication et confort. Le résultat est un espace qui paraît immédiatement premium, mais qui ne cherche jamais à être ostentatoire.
Nous avons également intégré des oeuvres d’artistes locaux dans le décor, notamment à travers notre collaboration avec Sandrofia Arts, pour renforcer l’identité du lieu et donner davantage de visibilité aux talents locaux.
Que doit ressentir un client dans les premières minutes après son arrivée au MUST ?
L’expérience commence avant même de s’asseoir à table. Le passage de l’extérieur vers le rooftop, l’accueil, la lumière, les matières, la musique : tout doit progressivement créer une rupture avec l’agitation de la ville. Nous voulons que le client ressente immédiatement trois choses : le confort, l’attention et l’exclusivité.
Qu’est-ce qui fait qu’une soirée au MUST est une expérience et pas simplement un
dîner au restaurant ?
Une soirée au MUST est pensée comme un véritable parcours. Elle commence dès l’arrivée, avec l’accueil et l’accompagnement de nos équipes jusqu’au rooftop, puis se poursuit à travers le service, la cuisine, les cocktails, la lumière, le décor et la musique.
Chaque élément a son rôle et doit contribuer à créer une expérience cohérente. Le service accompagne le client tout au long de la soirée, la cuisine donne le rythme autour de la table, et l’accompagnement musical vient progressivement faire évoluer l’atmosphère.
La soirée peut ainsi commencer dans une ambiance intime autour d’un dîner, puis devenir progressivement plus vivante et plus sociale avec les performances musicales. C’est ce parcours, et la manière dont tous ces éléments se répondent, qui fait qu’une soirée au MUST va au-delà d’un simple dîner.
Quelle place occupent la musique, la lumière, le décor et le service dans l’expérience proposée ? Pouvez-vous nous décrire l’ambiance d’une soirée typique au MUST ?

Ils sont essentiels parce qu’ils construisent l’atmosphère. La lumière, les matières, les sons et même les parfums participent à créer une atmosphère cohérente. La musique joue notamment un rôle dans l’évolution de la soirée. Nous accueillons des pianistes, chanteurs ou saxophonistes qui apportent de la chaleur sans prendre le dessus sur les conversations. L’ambiance peut ainsi évoluer naturellement d’un dîner vers un moment plus animé et social.
Et puis il y a le service, qui doit être présent sans être envahissant. C’est un équilibre assez subtil : nous voulons que le client se sente accompagné, sans être envahi.
Quelle est la philosophie de la cuisine du MUST ? Comment définiriez-vous sa signature ?
Notre cuisine est méditerranéenne dans son inspiration, mais elle est surtout guidée par une philosophie de fraîcheur, de qualité du produit et de précision. Nous voulions proposer une alternative aux offres gastronomiques plus lourdes ou très fortement inspirées de la cuisine française que l’on retrouve traditionnellement dans le segment premium à Abidjan. La cuisine du MUST cherche davantage l’équilibre : des produits bien travaillés, des saveurs lisibles, des préparations raffinées mais qui conservent une forme de simplicité.
Quels produits et quelles saveurs occupent une place particulière dans votre carte ? Quelle place accordez-vous aux produits ivoiriens et africains ?
Les produits de la mer occupent naturellement une place importante dans notre cuisine, compte tenu de l’environnement côtier d’Abidjan et de l’accès à des produits frais. Nous travaillons également beaucoup autour des produits de saison.
Plus largement, nous cherchons à privilégier l’intégrité du produit et sa qualité plutôt que de construire une cuisine dépendante de l’importation. L’environnement abidjanais et ses marchés exercent donc une influence réelle sur notre approche.
Notre ambition n’est pas nécessairement de transformer chaque plat en démonstration de cuisine ivoirienne. Elle est plutôt de construire une cuisine internationale qui puisse naturellement trouver sa place à Abidjan et dialoguer avec son environnement.
S’il fallait faire découvrir un seul plat du MUST à un visiteur pour lui faire comprendre l’esprit de la maison, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Je choisirais la Langouste Meunière. Elle résume assez bien ce que nous cherchons à faire : partir d’un produit noble, ici la langouste, et lui appliquer une technique classique avec suffisamment de maîtrise pour en préserver toute la personnalité. C’est une assiette raffinée, mais qui reste immédiatement compréhensible. Elle traduit assez bien notre philosophie : le produit d’abord, la technique au service du produit, et jamais l’inverse.
Quelle vision le chef Luis Carranza Marquez apporte-t-il au MUST et comment son parcours péruvien dialogue-t-il avec l’environnement gastronomique d’Abidjan ?
Luis apporte une véritable dimension internationale au projet. Né au Pérou, formé au Le Cordon Bleu, puis à Caracas, il a travaillé en Amérique latine, en Europe et en Afrique. Cette trajectoire lui donne une compréhension très large des cuisines et des cultures gastronomiques. Mais ce qui nous intéresse particulièrement dans son approche, ce n’est pas de mélanger artificiellement toutes ces influences. C’est sa capacité à savoir ce qui fonctionne, pourquoi cela fonctionne, et comment l’exécuter avec constance.
Il apporte donc beaucoup de structure, de rigueur et de précision à la cuisine du MUST.
C’est essentiel pour nous, parce que l’un de nos objectifs est justement de maintenir un niveau de qualité constant, service après service.
Qu’est-ce qui caractérise votre manière de recevoir et de servir les clients ? Y a-t-il des attentions particulières auxquelles vous ne renoncez jamais ?
L’objectif est simple ; anticiper avant que le client ne demande.
Une table parfaitement tenue, un service au bon rythme, une attention discrète au bon moment, tout en restant présent sans être envahissant.
Quel est le détail, même discret, dont vous êtes particulièrement fier parce qu’il
contribue à rendre l’expérience MUST différente ?
Je dirais que c’est justement notre attention portée à l’ensemble des détails plutôt qu’à un seul élément spectaculaire. Le MUST fonctionne parce que beaucoup de petites choses sont cohérentes entre elles : les matières, les lumières, la musique, le mobilier, le parcours du client, la présentation des plats, le service.
J’aime particulièrement le fait que l’art ait également été intégré à cette réflexion. Les
oeuvres présentes dans le restaurant ne sont pas là pour « remplir » les murs. Elles racontent quelque chose de notre rapport à la création locale et africaine.
Quel type de clientèle fréquente aujourd’hui le MUST ? Quelles sont les réactions ou les commentaires de clients qui vous ont particulièrement marqué ?
Nous accueillons aujourd’hui une clientèle assez diverse : une clientèle locale habituée aux expériences premium, une clientèle internationale, des professionnels, des couples, des groupes d’amis ou encore des personnes qui viennent simplement découvrir le lieu.
Cette diversité correspond justement à notre ambition. Nous croyons qu’il est possible de construire depuis l’Afrique des expériences et des marques capables de rayonner à l’international, sans perdre leur ancrage local. Ce qui nous marque particulièrement, c’est lorsque des clients nous disent qu’ils ont eu le sentiment de découvrir à Abidjan une adresse qui aurait pu se trouver dans une autre grande capitale. C’est exactement ce que nous cherchons à construire : un lieu profondément abidjanais dans son environnement, mais capable de dialoguer avec une clientèle internationale.
Depuis l’ouverture, pouvez-vous nous raconter un moment vécu au MUST qui vous a particulièrement ému, surpris ou rendu fier ?
L’un des moments qui nous a le plus rendus fiers est de voir, très rapidement après l’ouverture, le MUST devenir un lieu où des univers qui ne se croisent pas forcément ailleurs se rencontrent : entrepreneurs, artistes, personnalités publiques, voyageurs, professionnels de différents secteurs.
Voir cette dynamique s’installer naturellement est probablement l’une des plus belles validations que nous puissions recevoir.
Lorsque vous avez appris que MUST figurait dans la Hot List 2026 de Condé Nast Traveler, qu’avez-vous ressenti ? Et qu’est-ce que cette reconnaissance dit, selon vous, du travail accompli par vos équipes ?

Beaucoup de fierté, évidemment, mais surtout le sentiment que le travail accompli par les équipes commençait à être reconnu au-delà de notre marché. Être sélectionné dans la Hot List 2026 de Condé Nast Traveler, aussi peu de temps après notre ouverture, est particulièrement significatif pour nous. Cela valide non seulement le concept, mais aussi l’exécution quotidienne : la cuisine, le service, le design et l’expérience globale.
Mais je vois surtout cette reconnaissance comme une responsabilité. Elle nous rappelle que le niveau d’exigence que nous nous sommes fixés doit rester le même, voire continuer à progresser.
Le MUST devient le premier établissement ivoirien à intégrer cette sélection. Qu’aimeriez-vous qu’un voyageur international découvre d’Abidjan en venant chez vous ?
J’aimerais qu’il découvre une ville qui ne demande pas à être comparée à d’autres pour avoir de la valeur. Abidjan est une ville jeune, cosmopolite, créative et extrêmement vivante. Elle possède une énergie particulière, avec cette capacité à faire coexister différentes cultures, différents styles de vie et différentes influences.
Si un voyageur vient au MUST et repart en comprenant qu’Abidjan peut proposer des expériences au niveau des grandes destinations internationales tout en conservant une identité qui lui est propre, alors nous aurons réussi quelque chose d’important.
Pour moi, le MUST doit être une porte d’entrée vers cette nouvelle image d’Abidjan.

Au-delà de la distinction et du classement, quelle promesse voulez-vous continuer à tenir à chaque client qui franchit les portes du MUST ?
Nous voulons continuer à offrir une expérience cohérente, exigeante et chaleureuse, où le client peut venir pour la cuisine, revenir pour l’atmosphère, inviter quelqu’un pour le lieu et, finalement, revenir simplement parce qu’il s’y sent bien.
La reconnaissance internationale est une étape, la véritable réussite, pour nous, sera de continuer à mériter la confiance de nos clients.
En trois mots, comment décririez-vous une soirée réussie au MUST ? Et pourquoi ?

Emotion. Connexion. Souvenir. Au Must nous voulons créer un espace qui accompagne les moments de nos clients et contribue à les rendre plus beaux, qu’il s’agisse d’un dîner à deux, d’une célébration, d’une rencontre professionnelle ou simplement d’une envie de profiter de la soirée.
“Beyond the plate, we create memories.”